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Christoblog

Kung fu panda

Paramount Pictures FranceBon, j'ai accompagné ma fille Valentine voir Kung Fu Panda.

Résultat : ma fille ne m'a pas dit en sortant : "c'est trop bien" ou "trop génial". Un signe.

Le fait est que l'animation américaine a perdu ces dernières années le peps retrouvé un temps par les productions Dreamworks et Pixar.

Sans démériter, Kung Fu Panda est assez ennuyeux et on aura plus de matière à lister ce qui manque qu'à énumérer ce qui y figure.

Allons-y : pas de second degré, pas de morceaux chantés et irrésistibles, pas de subtilité dans le scénario, pas de rythme, aucune originalité, pas de lyrisme, pas d'évolution de la psychologie des personnages. Voilà.
Que dire de plus ? Au début on peut croire un instant que le film va être une sorte d'apologie des gros et des obèses qui finissent par transcender leur état à force d'opiniâtreté (même en restant parfaitement stupides).

Las ! Il deviendront as du Kung Fu, en débit du bon sens, comme les autres... Pas aussi mauvais que Bee l'abeille (notre étalon de nullité en matière d'animation) mais beaucoup moins bon que Schrek, Mulan ou l'Age de Glace.

 

1e

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Entre les murs (en avant première avec Laurent Cantet et François Bégaudeau)

Haut et CourtCritique très spéciale ce soir puisque je viens d'avoir le privilège de voir Entre les murs en avant-première à l'UGC Atlantis de Nantes.

Laurent Cantet est passé avant le film, conforme à son image, tout de noir vêtu, cheveux blancs, solidement campé sur le sol, s'exprimant très clairement et avec un certain charisme. L'essentiel de son discours a porté sur sa rencontre fortuite avec Bégaudeau dans l'ascenseur d'une station de radio, son coup de foudre pour le livre, puis sur la genèse du film. Il revendique haut et fort le caractère de fiction du film ("ce n'est pas un documentaire"), acceptant par contre le terme de film-dispositif, proposé par l'intervieweur.

François Bégaudeau, présent lui aussi, ressemble furieusement ... à lui-même dans le film.


Physiquement d'abord : baskets, jean noir, t-shirt marron fonçé. Par son attitude ensuite, plus volubile que Cantet, charriant les spectateurs comme il charrie les élèves dans le film ("quels sont vos sentiments sur le film que vous allez voir ?" "Je vois des grognons au fond de la salle", etc). Dans le discours, il insiste comme Cantet sur le fait que les acteurs sont vraiment acteurs, et ne jouent pas leur propres rôles. Il raconte par exemple comment l'acteur Boubacar fait Haut et Courtsemblant de ne pas savoir ce que signifie la "légende" d'une photo, alors que le vrai Boubacar le sait, et comment il est capable de jouer 10 fois de suite cette scène.


Je vous conseille vivement sur tous ces sujets (comment est né le film) et pour un retour passionnant sur la carrière de Laurent Cantet la lecture des Cahiers du Cinéma de septembre 2008. Vous y apprendrez par exemple que l'histoire de Souleymane était dans la tête de Cantet avant qu'il lise le livre.

Et le film alors ?

Je pense qu'il va bien marcher, et que les polémiques vont enfler.
Il va marcher parce qu'il est plaisant à suivre, avec juste ce qu'il faut de rebondissements, de tension dramatique, de naturalisme, d'humour, d'émotions. Parce sa mécanique est assez bien huilée et qu'il montre ce que peu de Français peuvent voir en vrai : l'intérieur d'une salle de classe. Et comme tout endroit secret, cet endroit est attractif. Normalement, tous les profs devraient aller voir le film, ainsi que leur famille, ainsi que tous les collégiens, et leur famille, ça fait déjà du monde !
Les acteurs sont par moment assez irrésistibles et ont un sens de la répartie qui fait souvent mouche. On pourrait assister à une sorte d'emballement autour de leur personnalités, avec répliques cultes à la clé : "c'est pas un livre de pétasse".

D'un point de vue de cinéphile, on notera que le parti pris de mise en scène (gros plans et très gros plans en grande majorité, couleurs blafardes, numérique) ne nuit pas globalement au rythme du film, dont le montage est par ailleurs assez habile avec un sens de l'ellipse très efficace. Le scénario est par contre à mon sens un peu léger, les personnages des profs étant par trop caricaturaux (le bon, le rigoriste, le vieux, la bêtasse, le jeune qui craque...), ce qui ne permet pas aux François Bégaudeau. Haut et Courtsituations de développer à plein leur potentiel dramatique. Certaines intrigues sont mêmes avortées (la mère de Wei).
Est ce que le film mérite une palme d'or ?
Objectivement on peut hésiter, comparé par exemple au pur objet cinématographique qu'est Un conte de Noel. Ceci dit il reste un objet visuel, narratif et sociétal absolument hors norme, et en tant que tel, sa distinction n'est pas outrageante.

L'attribution de la Palme d'Or (au sujet plutôt qu'à la forme, comme l'avait annoncé préventivement le président Sean Penn) ne fait donc qu'anticiper les polémiques qui ne manqueront pas de se développer à la sortie du film. De quoi parle t'on exactement quand on parle d'Entre les murs : du film ? de son contenu ? de l'école aujourd'hui en France ? de ce qu'est un prof parfait ? Celui qui critiquera l'attitude de François Marin (trop progressiste, trop provocateur, angélique, égocentrique) s'opposera à celui qui défendra la discipline à l'école, mais les deux ne parleront pas cinéma.

Il y a fort à parier que le film entraîne un débat sur une question de société (l'école) que les Français n'ont plus abordé frontalement depuis longtemps, plus qu'un débat sur lui-même. C'est ce qu'a d'ailleurs fort sagement espéré Laurent Cantet ce soir à Nantes, allant jusqu'à affirmer avant de nous quitter (avec humour et un certain sens commercial) que le film méritait d'être vu 3 ou 4 fois.

Si vous aimez le cinéma et/ou vous vous souvenez avoir été à l'école et/ou avez des enfants d'age scolaire, difficile de ne pas aller vous faire une idée par vous même.

3e

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