Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Christoblog

Friday night lights (Saison 1)

Minka Kelly. DirectvC'est facile d'être fan des Sopranos, de Lost, de Six Feet Under, de Mad men, ou de Breaking bad. Il suffit d'avoir du goût et/ou de surfer sur la vague des séries à la mode.

Etre fan de Friday Night Lights, c'est autre chose : il faut le vouloir, et ne pas craindre le ridicule. Car de quoi s'agit-il ? De suivre l'existence de membres d'une équipe de football américain, au sein d'un college perdu au fond du Texas, plus précisément à Dillon (beurk, j'ai perdu 90 % de mon maigre lectorat à ce stade).

OK. Et c'est bien alors ?

C'est génial.

Le foot américain, vous pouvez oublier, on s'en fout.

Ce qui est intéressant dans FNL est (a minima) de deux ordres :

1 - la série montre peut-être pour la première fois ce qu'est vraiment la vie dans les USA profonds (la présence de la religion, la soif de s'en sortir, les histoires miteuses, les soirées au fast food, la barbecue party comme passage obligé, les rapports sociaux, la place du sport)

2 - elle est profondément, romantiquement addictive, c'est la série "feuilletonnante" par excellence

Zola ou Balzac peuvent être convoqués au chevet de FNL (eh oui, rien que cela), car tout ce qui fait l'actualité américaine est présent dans la série : guerre en Iraq, dopage, racisme latent, rapport de classe, tableau de la vie ordinaire, destruction de la cellule familiale....

Ajoutez :

- des acteurs séduisants (le merveilleux Kyle Chandler par exemple)

- un scénario en béton et une bande-son remarquable

- une réalisation haut de gamme (genre caméra à l'épaule, on est entre Aronovosky et les frères Dardenne)

- une façon d'aborder de front des sujets difficiles et plus ou moins oubliés des séries contemporaines (le handicap et sa sexualité, les troubles bipolaires, la sexualité des ados, la maladie d'Alzheimer)

...et vous obtenez un produit haut de gamme dont je suis fortement dépendant.

Cette série, je l'ai découverte grâce au merveilleux site : le Monde des séries.

Saison 2

 

4e

Voir les commentaires

Panic room

Il y a quelque chose d'imparable dans le cinéma de Fincher.

Il lui arrive d'être si brillant que le sens critique s'émousse forcément. Dans ce film, c'est ce loooooooooong plan séquence (faux au demeurant, car comportant comme dans La Corde des raccords dissimulés) de l'entrée des malfaiteurs dans la maison qui emporte tout. Quelle maestria !

C'est presque trop. Mais pas tout à fait. Comme cette incroyable ressemblance mère/fille, ressemblance sourdement inquiétante dans l'ambiguité et dans l'androgynie.

Presque trop, mais jamais trop. Voilà qui peut qualifier le cinéma de Fincher, bien supérieur aux exercices poussifs des Coen et d'Eastwood, bien plus délectable que les excentricités de Boyle. Somme toute, cette génération 90' pourrait bien représenter l'avenir du cinéma américain (Fincher est né en 1962, Aronovsky en 69).

Bon, en ce soir de Césars que je ne regarderai pas (invités compassés, trophées compressés, présentateurs empressés : à la place je vais commencer la deuxième saison de Friday Night Lights, critique à venir de la saison 1), je souligne le plaisir basique que j'ai eu à regarder ce thriller tout bête, mais superbement réalisé, et servi par des acteurs absolument excellents.

Le réalisme est de plus ici à son comble, ce qui ajoute au plaisir ressenti.

 

3e

Voir les commentaires

True grit

Certains vont penser que je m'acharne contre les frères Coen.

Pourtant cette fois-ci je partais dans les meilleures dispositions d'esprit : de bonnes critiques, un pitch sympa, de bons acteurs....

Et patatra, les frères Coen semblent définitivement englués dans une sorte de conformisme soft et sans surprise, certes agréable à regarder, mais complètement insipide.

La vision de l'Ouest qu'ils donnent, loin d'être réaliste (ceux qui soutiennent cette thèse devraient regarder Deadwood), est incroyablement ripolinée. Les pommes y sont plus rouges et brillante qu'au Leclerc du coin, et quand la jeune héroïne sort d'une rivière en furie, elle n'est tout simplement ... pas mouillée. On dira que je pinaille, mais comment se sentir immergé dans un film quand tout est artificiel à ce point (cf la rue du village comme sortie d'un village Disney) ? Le plus modeste objet du décors (la corde du pendu, la pierre tombale) semble absolument neuf, acheté le jour même au Walmart d'à côté. Et je ne parle même pas de l'usage abondant de clichés éculés (coucher de soleil, concours de tir, ciel étoilé, lonesome cow-boy).

Le scénario est aussi d'une faiblesse criarde. Pas une péripétie qu'on ne voie arriver à 10 km...

Au départ j'ai pu croire que la jeune actrice allait sauver le film à elle seule. Et puis d'une façon incompréhensible, son personnage, pourtant original et émouvant, s'efface progressivement pour laisser place à des archétypes sans relief.

Quant à la fin, elle est pitoyable et gâche le peu d'estime que le film pouvait susciter : maladroite, triste, lourdasse.  Un succès au box-office qui fera la joie de TF1 en prime time, un fiasco artistique.

 

1e

Voir les commentaires

Jewish connection

Jesse Eisenberg. Pyramide DistributionJewish connection fait partie de ces films qui curieusement ont tout pour réussir, et qui pourtant ne parviennent pas à nous émouvoir réellement.

Ces qualités sont (sur le papier) nombreuses : un scénario original, une reconstitution du milieu juif orthodoxe minutieuse, une mise en scène agréable, un beau casting.

Pourtant, on n'est jamais réellement pris par l'histoire. Pourquoi ? Peut-être quelques maladresses ici ou là, qui cassent le rythme, ou une intrigue qui aurait mérité d'être un peu resserrée.

Concernant Jesse Eisenberg, qui ne m'a pas vraiment convaincu dans The social network, je suis toujours partagé.  En réalité, je me demande s'il n'est pas condamné à jouer éternellement le même rôle : gars innocent mais pas con, qui apprend vite et veut réussir, alternant regard décidé et moue boudeuse. Ici, la fin est un peu moins gratifiante que dans le film de Fincher, mais les expressions de Sam Gold ne sont pas très éloignées de celles de Zuckerberg.

Un film juste au-dessus de la moyenne, qui vaut quand même pour sa patine presque documentaire.

 

2e

Voir les commentaires

127 heures

Le pitch de 127 heures sera bientôt connu de tous, mais si vraiment vous tenez à ne rien savoir du film, arrêtez de lire ce texte, la phrase suivante comprend un gros spoiler.

Donc, voici l'histoire (vraie) d'Aron Ralston, parti seul en randonnée dans un canyon, coincé pendant 127 heures sous un rocher tombé sur son avant-bras et qui finit par se le couper (le bras), avec un couteau émoussé.

Le film ne laissera donc personne indifférent, vu l'extraordinaire aventure de ce jeune homme. Pour ma part il m'a exaspéré. 

On sait que le réalisateur, Danny Boyle, ne fait pas dans la finesse. Il semble toujours férocement attaché à ses manies de teenager attardé post-MTV : split screen, montage speed, plan décadré, musique à fond, zoom arrière accéléré, ralentis expressifs, hélicoptère, très gros plan, nuages filmés en accéléré, etc. L'attirail de mise en scène de Boyle ressemble à un grand capharnaüm tendance et tape à l'oeil, une vraie caverne d'Ali Baba.

Le problème, c'est que cette manière convient quand il s'agit de suivre dans leur délire des jeunes gens embarqués dans une odyssée picaresque et indienne (Slumdog millionnaire) ou de raconter les déambulations d'un groupe de pieds nickelés écossais (Trainspotting), mais elle est absolument inadaptée pour cette histoire, qui devrait nous entraîner dans des abysses de réflexion. C'est comme si Tarantino appliquait le style Kill Bill à une vie de Sainte Thérèse de Lisieux.

Les bras m'en tombent.

Les effets sont donc hyper-soulignés dans leur forme, et insignifiants quant au fond (la romance niaise avec la blonde, les flasbacks papa maman, le fantasme de boire du coca !!). Boyle joue même le jeu du gore pour le passage boucherie-charcuterie, en laissant tout de même un morceau bien proprement découpé sous la masse rocheuse. Je me demande si l'anecdote qui nous montre l'ami Ralston prendre en photo son appendice abandonné est réel. Si oui, ce mec est donc bel et bien barge, comme le début du film le laisse supposer.

Pour finir, je voudrais signaler que nos amis les loups pratiquent depuis longtemps l'exercice (se couper la patte avec les dents quand ils sont pris au piège) et qu'on n'en fait pas toute une histoire.


1e

Voir les commentaires

L'arnacoeur

Vanessa Paradis. Universal Pictures International France En regardant l'Arnacoeur, j'ai été obsédé pendant tout le film par une particularité physique de Vanessa Paradis, visible sur la photo ci-contre : le trou béant que l'actrice exhibe entre les incisives supérieures.

Du coup j'ai eu beaucoup de mal à me concentrer sur le film. J'ai d'abord commencé à imaginer les avantages matériels que pouvaient procurer cette particularité. Par exemple il est possible de boire une margarita à la paille, bouche fermée. On doit pouvoir aussi trouver une manière de siffler en mettant sa langue au bon endroit et en soufflant très fort. Si on mange des cerises, on peut cracher les noyaux discrètement.
Etc.

Ensuite je me suis demandé si d'autres acteurs et actrices présentaient la même caractéristique. Un visage me trottait dans la tête sans que je puisse mettre un nom dessus. Quelqu'un aux cheveux noirs avec un sourire large comme ma cuisse et une faculté à trouver les emmerdes.... hum, Yannick Noah ? Non.... Béatrice Dalle ! Mais oui, les deux possèdent ce qu'on appelle "les dents de la chance" ou les "dents du bonheur". Ronaldo aussi me semble-t-il.

Pendant que Romain Duris et Vanessa plongent tout habillés et tout énamourés dans une piscine en effrayant de pauvres dauphins, une rapide recherche sur internet me donne des détails sur cette malformation, dont le nom scientifique est diastème. Le diastème est souvent congénital. L'orthodontie peut le traiter de différentes façons et le trou peut être comblé chez l'enfant. Chez l'adulte une solution consiste à revêtir la surface extérieure des dents adjacentes de facettes.

D'un point de vue ethnologique, certaines peuplades du Nigéria trouve ça très joli. Comme quoi, tout est relatif.

Ben voilà. Je pense qu'en lisant cet article vous en savez assez sur le film, qui est à l'image du sujet de cet article : vide et creux, une béance dans le panorama pourtant sympathique des comédies françaises de qualité.

 

1e

Voir les commentaires

Watchmen, les gardiens

Jeffrey Dean Morgan et Carla Gugino. Paramount Pictures France Je trouve que le film de Zack Snyder n'est pas sans rappeler le cinéma de Christopher Nolan.

Je détaille mon point de vue :

- même caractère bavard (et j'en rajoute dans la voix off, et je multiplie les allers-retours temporels)
- même jouissance enfantine dans la manipulation des joujoux technologiques (il y a des images numériques d'éclatement fragmenté presque similaires dans Watchmen et Inception)  
- même surabondance narrative légèrement mégalomaniaque (2h28 pour Inception, 2h42 pour Watchmen)
- même volonté de revisiter les mythes de super-héros (voir The dark night)
- mêmes maladresses dès qu'il s'agit de faire autre chose que développer une esthétique chic et choc, ou que bâtir des cathédrales de spéculations intellectuelles un peu foireuses (les pleurnicheries de Marion Cotillard dans Inception, une scène de sexe à mourir de rire dans Watchmen)

Le film est long, très long à démarrer. Quand il commence à nous raconter les histoires individuelles de Jon et Rorschach, il devient beaucoup plus intéressant. Il est assez amusant de voir nos super-héros se débattre avec des problèmes d'humains assez basiques. La frontière entre le bien et le mal est suffisamment floue pour rendre le film plutôt original dans le contexte américain.

L'ambiance rétro de cette uchronie dans laquelle Nixon fait trois mandats et où les USA gagne la guerre du Viet Nam est assez bien rendue, même si son caractère volontairement très artificiel peut ne pas plaire. Quelques aspects font se demander si Snyder n'est pas un peu (complètement) réac (les scènes ridicules au Viet-Nam justement, ou l'emploi récurrent du terme "liberals" comme insulte)

Watchmen se présente donc comme un fourre-tout indigeste, amphigourique, pas inintéressant et dispensable à la fois.

 

2e

Voir les commentaires

The hunter

Pour commencer, il faut signaler l'extraordinaire qualité de la mise en scène de Rafi Pitts. Un sens du cadre inouï, des associations chromatiques saisissantes, une photographie exceptionnelle, des décors filmés comme dans un rêve éveillé, un montage au cordeau, il n'y a vraiment rien à redire à l'aspect formel du film.

Malheureusement, Pitts s'avère aussi piètre scénariste que bon réalisateur. Car le synopsis du film tiendrait à l'envers d'un timbre-poste : un iranien voit sa femme et sa fille tuées par accident lors d'une manif, il se venge en tirant sur des flics au hasard.

Voilà. Une idée comme celle-ci permet de tenir 30 ou 40 minutes mais pas 1h32. Le film ne parvient pas à nous surprendre, ni à nous émouvoir, et le jeu mutique de l'acteur principal y est sûrement pour beaucoup.

Quand l'action se cantonne à la forêt (je ne peux pas trop en dire sous peine de déflorer l'intrigue finale), il me semble que le scénario dévisse vers le n'importe quoi improvisé, mais je peux me tromper.

En résumé : une réussite formelle, un échec narratif.

L'Iran sur Christoblog : cinéma iranien.

 

2e

Voir les commentaires

Le choix de Luna

Un des plaisirs essentiels du cinéma est de ne nous faire voyager à bon compte.

Le premier intérêt du Choix de Luna réside d'abord dans le portrait parfaitement dessiné de Sarajevo et de sa région. Ville martyr, ville séduisante et moche, profondément exotique au coeur de l'Europe, avec ses minarets pointant fièrement vers le ciel dans un décor de montagne qui évoque la Suisse.

Dans ce cadre enchanteur, un jeune couple actif et moderne : elle est hôtesse de l'air, lui contrôleur aérien. Ils ne peuvent avoir d'enfant. Il est alcoolique. Ils sont issus d'un milieu musulman sans être croyants eux-mêmes. Leurs familles ont été marquées par la guerre, encore toute proche dans les mémoires.

Un jour, tout bascule. Lui (Amar) est viré de son travail. Il rencontre par hasard une vieille connaissance devenue intégriste. Petit à petit, il va se laisser fasciner par le groupe salafiste retiré du monde, au bord d'un merveilleux lac. Le film a ceci de remarquable qu'il arrive à nous faire douter de ce qui est bien, ou mal. Au départ nos gentils religieux semblent bien inoffensifs, et même leurs chants, leur solidarité peut leur attirer notre sympathie. Les choses se gâtent quand Amar ne veut plus serrer la main des femmes, puis quand il refuse les relations sexuelles avec sa copine avant le mariage, et enfin quand son ami devient polygame.

Le film est donc tout à la fois le tableau saisissant d'un pays encore balafré par les stigmates d'une guerre terrible, et la chronique habile d'un amour qui se défait sous le regard (par la faute) de Dieu. Le tout n'est pas sans quelques maladresses ici où là, largement compensées par une actrice très séduisante, des acteurs convaincants et une mise en scène très maîtrisée. Le rythme du film est vif et inspiré.

A voir, sur les quelques écrans qui le diffusent...  

Voir les commentaires

Black swan

Le début de Black Swan est magistral.

Une danseuse sur une scène, l'obscurité qui règne autour d'elle, la caméra qui virevolte magnifiquement, le grain de la photo est sensuel, son partenaire tout à coup se transforme en créature maléfique. Il s'agit d'un cauchemar. Enfin, peut-être.

Nina est danseuse professionnelle. Elle rêve d'obtenir le premier rôle dans la nouvelle production de son ballet : une version revisitée du Lac des Cygnes. Pour cela elle doit prendre place de la danseuse étoile (Winona Ryder), qui était la maîtresse du chorégraphe (excellent Vincent Cassel, qui pour une fois n'en fait pas trop). Elle doit aussi se méfier d'une nouvelle venue (étonnante Mila Kunis), aussi sensuelle et intuitive qu'elle est elle-même réservée et introvertie... Mais pour obtenir le rôle, elle doit apporter la preuve qu'elle peut être à la fois le cygne blanc, et son double maléfique, le cygne noir.

Darren Aronofsky, qui avait impressionné avec son excellent The Wrestler, livre ici une copie quasi-parfaite. Le film est troussé avec une maestria qui l'entraîne vers les plus hauts sommets : tout ce qui ce fait l'art de la mise en scène semble y être porté au plus niveau d'achèvement. La caméra évolue avec une liberté vertigineuse, le cadre est parfait, le montage irréprochable. Aronofsky signe une oeuvre qui parvient à être à la fois follement sensuelle et brillamment conceptuelle.

Natalie Portman trouve certainement là le rôle de sa vie. Elle est absolument bouleversante dans ce rôle de prodige vieillissant et hyper-sensible, tendue comme un arc vers la perfection. La folie est très présente dans le film (paranoïa, schizophrénie), et l'ambiance y est extrêmement pesante. Autant le dire, mieux vaut ne pas être trop sensible pour apprécier le film qui est fort déstabilisant lorsqu'il montre des modifications corporelles insolites dignes d'un Cronenberg, ou des apparitions qui font sursauter et génèrent des frissons comme a pu le faire en son temps le Shining de Kubrick.

Les 30 dernières minutes en particulier sont époustouflantes. Le film prend alors l'allure d'une sorte de toboggan de la peur et de l'horreur, accumulant les morceaux de bravoure, et culminant avec une danse du cygne noir qui peut dès maintenant être classée parmi les plus beaux moments de cinéma vus en 2011.

La personnalité de Nina, son éveil chancelant à la sexualité, son rapport difficile au corps et sa soif d'absolu vous accompagneront pour longtemps, si vous n'avez pas trop peur d'avoir peur. 

Pour aller plus loin :

De nombreux blogs et articles listent les influences cinématographiques perceptibles dans Black Swan. Liste non exhaustive : Les chaussons rouges de Michael Powell,  le cinéma de Cronenberg en général (et La mouche en particulier), Polanski (Répulsion, Le locataire, Rosemary's baby), le cinéma de De Palma (Carrie, pour la mère bien sûr, et Phantom of Paradise), La double vie de Véronique de Kieslowski, Showgirls de Verhoeven, Perfect Blue de Satoshi Kon, Suspiria d'Argento, La pianiste de Haneke.

Dans le Monde du 9 février, interview intéressante d'étoiles de l'Opéra de Paris sur la "véracité" de ce que montre Black Swan à propos du monde de la danse. Marie Agnès Gillot juge le propos du film "stéréotypé et ringard", mais Agnès Letestu déclare "tout est vrai, archi-vrai, même si caricatural".
Brigitte Lefèvre, directrice de l'Opéra de Paris, a vu  Black Swan comme une "caricature crédible".

Dans le genre Voici, savez vous que Natalie Portman a rencontré le père de son futur enfant sur le tournage de Black Swan. Le chorégraphe français Benjamin Millepied était en effet en charge de superviser les progrès en danse de l'actrice, ce qu'il a visiblement fait avec application. Il joue le Prince dans le film. L'heureux évènement est prévu aux alentours des dates du festival de Cannes.... Marion Cotillard doit également accoucher à cette époque (aucun rapport).

Si on en croit le New York Times, Vincent Cassel danse comme Fred Astaire. Est-il nécessaire de rappeler que le père de Vincent Cassel, Jean Pierre, était un danseur émérite (il joue dans  Chorus Line) ?

 

 

4e

Voir les commentaires

Tron, l'héritage

Garrett Hedlund. Walt Disney Studios Motion Pictures FranceQuelle déception !

Alors que le Tron initial savait distiller une poésie visuelle inventive et novatrice, le nouvel opus est une coquille vide sans aucun intérêt.

Ne parlons même pas du scénario, inexistant, vide, creux, idiot. Ne parlons pas non plus des personnages : Jeff Bridges en gourou new-age qui parle aux étoiles avec sa grande cape blanche, et qui est siiiii heureux de revoir son grand gamin de fils. Ce dernier, demeuré, dilettante, s'essaye au second degré dans un film qui ne s'y prête pas.

Parlons alors de l'univers visuel. Autant celui du premier Tron arrivait à nous faire ressentir "l'intérieur de la machine" autant celui du deuxième (et dernier, s'il vous plait)  est stupidement formaté aux normes contemporaines. Les méchants sont plutôt surlignés en orange, les gentils en bleu. Quand ils se battent avec les disques, on dirait des combats tirés de blockbuster lambda avec juste ce qu'il faut de chinoiseries. C'est niais, inepte.

Le film est tellement mauvais qu'il décourage l'analyse, le choix des éléments dont on peut se moquer parait infini : le ciel orageux (bouh, ça fait peur), les recyclages poussifs du premier opus (les voiles solaires, les combats de disque), les personnages ridicules (le tenancier de la boite ressemble à un Franck Dubosc numérique), la prestation abominable des Daft Punk casqués, les incohérences scénaristiques, la pauvreté de l'intrigue....

C'est lamentable, c'est à fuir, c'est nul.

C'est au premier Tron ce que Dany Boon est à Franck Capra.

 

1e

Voir les commentaires

Tron

Avant ma critique à venir (demain, je pense) de Tron Legacy, retour sur le premier volet de Tron (1982) visionné hier soir en DVD.

Sans vouloir faire un cours d'histoire du cinéma, il est peut-être nécessaire de rappeler ce que ce film pouvait avoir de novateur à l'époque. Ce fut d'abord le premier film contenant des séquences entièrement constitué d'images de synthèse (!!) à une époque où les PC ... n'existaient pas encore (!!!!!). Je sais, les plus jeunes d'entre vous ne vont plus lire Christoblog de la même façon lorsqu'ils vont comprendre que j'ai connu une époque où les PC n'existaient pas.... ça me fait bizarre à moi aussi.

Steven Lisberger a vraiment eu une idée absolument hors normes en imaginant cette histoire de créateur de jeu vidéo qui finit par intégrer ses propres programmes. Lire interview ici. Que Disney ait accepté de financer un projet pareil laisse encore perplexe, ça ne pourrait probablement plus se passer maintenant.

Le scénario est absolument quelconque, d'ailleurs, mais on s'en fout pas mal, car le film valait beaucoup par son esthétique. Le vaut-il toujours ? Oui, et ce n'est pas la moindre des surprises. L'esthétique du film, servie par deux pointures (Moebius, qu'on ne présente plus, et Syd Mead, créateur de l'environnement de Blade Runner), fonctionne toujours.

Ce qui m'a impressionné, ce sont les audaces dans les associations de couleurs, qui donnent un effet visuel véritablement frappant et créent un objet qui fournit un univers cohérent, dans lequel les références sont multiples (Tati, Alice aux pays des merveilles, Star Wars, qui date de 1977), magiques et élecTRONiques. Une très agréable surprise.

3e

Voir les commentaires

Festival d'hiver sur Christoblog : c'est parti !

festival hiver2

Merci mille fois à mymp qui m'offre cette magnifique affiche pour le festival d'hiver de Christoblog (pierreAfeu avait réalisé celle du festival d'automne).

Le festival se déroulera du 26 janvier au 14 mars et il concerne les blogueurs capables de voir 2 films par semaine.

Les films sélectionnés :
Sortie le 26 janvier
Je suis un no man's land (F), de Thierry Jousse avec Philippe Katerine, Julie Depardieu et Jacky Berroyer
Angèle et Tony (F), d'Alix Delaporte, avec Clotilde Hesme
Sortie le 2 février
Le discours d'un roi (UK / Australie), de Tom Hooper, avec Colin Firth
Carancho (Argentine / F), de Pablo Trapero, avec Ricardo Darin 
Sortie le 9 février
Tron l'héritage (USA), de Joseph Kosinski, avec Jeff Bridges
Black swan (USA), de Darren Aronofsky, avec Natalie Portman
Sortie le 16 février
Jewish connection (USA), de Kevin Asch, avec Jesse Eisenberg
Sortie le 23 février
True grit (USA), de J&E Coen, avec Jeff Bridges, Matt Damon et Josh Brolin
127 heures (USA), de Dany Boyle
Sortie le 2 mars
La permission de minuit (F), de Deplhine Gleize avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos

Les règles sont les mêmes que pour le festival d'automne.

Chacun m'envoie avant le 14 mars son classement des films par message privé : le meilleur film a 10 points, le moins bon 1 point. Le film gagnant est celui qui a le plus de points : il gagne le Flocon d'or (bravo !). Attention : pour que le vote d'un blogueur soit pris en compte, il doit avoir vu tous les films.

Avec son classement, chacun m'envoie également ses

- 2 meilleurs acteurs
- 2 meilleures actrices
- 2 meilleurs scénarios
- 2 meilleurs réalisateurs

repérés parmi les films vus.

Chaque participant a enfin la possibilité d'attirer l'attention sur un film coup de coeur sorti pendant le festival mais ne faisant pas partie de la sélection. Le film le plus cité dans ce cadre reçoit un prix spécial.

Pour s'inscrire c'est simple : un commentaire sur ce post et c'est fait. Sont déjà inscrits les excellent(e)s ffred, Anna, pierreAfeu, heavenlycreature, Gagor, Bob Morane, titou989, Jérémy, dasola, contre-plongee, kev44600, Herodonte, Viggofan92, Jul, Christophe, Claire, Hallyne. Silice, Phil Siné et Rémi vont aussi essayer de se joindre à nous.

Il ne manque plus que vous.

Voir les commentaires

Christoblog cité au Masque et la Plume sur France Inter (!?)

Ben oui, voilà que Jérôme Garcin me cite comme détracteur ultime d'Au-delà (Bisounours au pays des Catastrophes !). Pour les pervers que ça intéresseraient il peuvent écouter les premières minutes de l'émission du 6 février ici (patienter 2mn24s).
Merci à contre-plongée qui a attiré mon attention là-dessus (je n'ai pas écouté moi-même l'émission).


Voir les commentaires

La BM du seigneur

Difficile de parler de ce film en toute objectivité. En effet la relation fusionnelle entre le réalisateur et ses acteurs  est tellement forte qu'on a du mal à considérer le film comme une oeuvre de fiction.

Comme on ne peut pas réellement dire qu'il s'agit d'un documentaire, voilà notre esprit cartésien d'analyste filmique pris en défaut et comme ... dans un no man's land ! Pour mieux se rendre compte de cet aspect du film, je conseille la lecture de cet article, dans lequel on apprend que le réalisateur s'est fait fait tirer dessus à balle réelle lors du tournage d'un court-métrage avec ces mêmes acteurs.

Du côté des + : une atmosphère unique, la découverte d'un univers auto-suffisant inconnu (les Yéniches, leurs valeurs, leur langue, leur mode vie), quelques éclairs intéressants dans la mise en scène, une belle tension dramatique dans la première demi-heure du film.

Du côté des - : des tics agaçants (les gros plans, les reflets), une juxtaposition de scènes sans rapports entre elles (les sermons), une progression du scénario très irrégulière, des moments quasi incompréhensibles, un aspect décousu (qu'on comprend mieux en connaissant les conditions de tournage).

Au final un OFNI (Objet Filmique Non Identifié), difficilement appréciable sur la base de concepts classiques et qu'on considérera plutôt comme un témoignage remarquable, en se demandant ce que le réalisateur pourra faire après avoir fait ça.

 

2e

Voir les commentaires

Morgen

Les Films du LosangeCeux qui suivent ce blog savent que je voue un intérêt particulier au cinéma roumain.

Je pouvais donc difficilement ne pas aller voir le premier film du réalisateur Marian Crisan (que les fins cinéphiles / gestionnaires d'Allociné qualifient de "réalisatrice", probablement au simple examen de son prénom Marian). Le film a obtenu une récompense à Locarno.

Nelu, la quarantaine, est un villageois taciturne et mal marié, qui va pêcher de l'autre côté de la frontière roumano-hongroise. Il tombe un jour sur un clandestin turc égaré qui cherche à se rendre en Allemagne.

Loin de toute tension dramatique le film prend un parti-pris doux amer, composé d'humour à froid et d'understatement narratif.

Notre turc est donc très volubile (mais ses propos en turc ne sont pas traduit, créant un décalage comique), d'une bonne volonté à toute épreuve, et d'une naïveté confondante. Son comportement donne naissance à des scènes assez amusantes, comme celle où il copie la gestuelle de son hôte indiquant différentes directions aux policiers qui l'examine. Il s'en va, tente de passer la frontière, revient, comme un chewing-gum humain dont Nelu n'arriverait pas à se séparer.

Crisan utilise des procédés de mise en scène parfois originaux comme le glissement du centre d'intérêt du premier plan à l'arrière plan (le match de foot). Les situations sont parfois poétiquement burlesques, et les personnages semblent habiter un no man's land absurde et imaginaire, avant qu'on réalise que ce qui nous est montré est bien notre Union Européenne.

On peut reprocher au film certains travers classiques aux productions est-européennes (abus de plans fixes, montage poussif, étirement à l'extrême de certaines scènes), et il est loin de la meilleure production roumaine. Ses qualités justifient tout de même qu'on garde un oeil attentif sur ce réalisateur.


2e

Voir les commentaires

Carancho

Ricardo Darin & Martina Gusman. Ad VitamJe n'ai pas du tout adhéré au film. Et donc, je me suis ennuyé du début à la fin, regardant Ricardo Darin et Martina Gusman (la compagne du réalisateur à la ville) se débattre dans une histoire à laquelle je n'ai rien compris.

Regarder des poissons dans un aquarium : voilà exactement ce que j'ai ressenti durant la projection de Carancho.  Regarder le poisson-ventouse nettoyer la vitre pendant une heure, la parade de deux bestioles se séduisant mutuellement, et des bagarres de poissons-combattants qui se mordent l'un l'autre. Les acteurs sont aussi expressifs que des Characidés ou des Guppies. Du coup, j'ai eu beaucoup de mal à rester jusqu'au bout. Je me suis senti oppressé sans être aspiré.

Ce qui me fait sourire, ce sont les critiques (comme celui du Monde) qui ont bien étudié le dossier de presse et qui exposent des données qui ne sont absolument pas dans le film : le nombre de morts sur les routes en Argentine par exemple.

Si on s'en tient au contenu uniquement, les péripéties du personnage principal restent complètement opaques et incompréhensibles. Il signe des trucs, fomente des machins et manigance des choses. Quoi exactement, en quoi consistent ces fameuses arnaques ? Bof, on ne sait pas trop.

L'histoire d'amour m'a laissé aussi complètement froid, à l'orée d'un baillement même pas bienveillant.

C'est filmé en plans resserrés (l'aquarium !) dans une atmosphère glauque et oppressante : ce n'est pas sans qualité et je comprends qu'on puisse aimer. Mais pour moi, peut-être un peu trop attaché à une trame narrative qui se tienne, c'est brouillon et confus. 

 

1e

Voir les commentaires

Pour elle

Vincent Lindon et Diane Kruger. Jean-Marie LeroyPlusieurs raisons de m'intéresser à Pour elle. D'abord, le réalisateur, Fred Cavayé, est rennais. Et alors ?, vous allez me dire. Et vous aurez raison. Ensuite le film a donné lieu à un remake récent de la part de nos amis US : Les trois prochains jours. Par principe je ne vais presque jamais voir les remakes, par contre, j'essaye du coup de voir les originaux (ce qui vaudra prochainement une critique sur ce blog de Anthony Zimmer, dont le remake The tourist est un grave accident industriel). Et enfin, A bout portant, le deuxième film de Cavayé, m'a passablement intrigué, à la fois bourré de qualités et rempli de défauts.

Ouf, après cette longue introduction, que dire ? Que Pour elle est une sorte de degré 0 du thriller. Je veux dire qu'on est habitué depuis quelques années à des twists incroyables qui changent totalement le fil du film, de telle façon qu'ici on s'y attend aussi. Et puis non, la trame narrative est bien celle qui est présentée, sans plus de chichi. Le film, assez quelconque au début (mais n'est ce pas sa volonté ?) devient de plus en plus basiquement prenant. Le suspense est assez bien réussi, il faut le dire.

Le film casse-t-il trois pattes à un canard ou  cinq pattes à un éléphant ? Non.

Mais on se laisse prendre, et pour servir ce thriller conforme aux standards originels du genre (le héros pourrait être vous), il fallait un héros qui vous ressemble. Vincent Lindon est nickel pour ça : regards de chien battu et maniement du flingue juste correct, il est parfait en quidam se frottant aux gangsters.

Un bon petit film. 

 

2e

Voir les commentaires

A l'ouest des rails (Rouille)

A l'ouest des rails fait partie de ces films dont beaucoup de cinéphiles ont entendu parler, mais que très peu ont vu.

Il faut dire que l'idée de se coltiner un documentaire chinois de plus de 9 heures (oui, vous avez bien lu) sur la fermeture d'un complexe sidérurgique géant (vous lisez toujours bien), peut en refroidir plus d'un.

Cette critique concerne la première partie du film (Rouille), qui dure un peu plus de 4 heures.

La première comparaison qui m'est venue à l'esprit, c'est Alien. Passée une fascinante introduction sous forme d'un long travelling avant, monté sur un train s'enfonçant dans l'usine enneigée, le film impose tout de suite un point de vue quasi onirique sur ces lieux gigantesques (plus d'un million d'ouvriers ont travaillé dans ce complexe), dans lesquels les hommes paraissent des fourmis. Au milieu du métal en fusion, ils semblent démunis et en danger. Lorsqu'on les voit dans l'intimité de la salle de repos, ou dans les bains, on songe à des explorateurs se réchauffant dans le cocon de leur vaisseau spatial.

Le film, contre toute attente, n'est pas ennuyeux.

Il alterne trois types de séquences, ce qui ne laisse jamais la monotonie s'installer :

- les vues magistrales des lieux industriels, véritables poèmes visuels
- les scènes de groupes, captivantes et profondément dépaysantes (karaoké entre collègues après le travail, séjour à l'hôpital pour traiter les maladies dues au plomb, jour de paye, jeux d'échecs chinois, discussions sur l'avenir de l'usine, essais de vêtements)
- les interventions de personnes seules face à la caméra, qui sont autant d'historiettes émouvantes et parfois bouleversantes.

Wang Bing sait faire ressentir le temps qui passe (les évènements se déroulent sur plusieurs années) et de nombreux évènements marquants scandent le récit (un ouvrier est licencié, un autre meurt accidentellement dans une mare, du métal en fusion se répand accidentellement sur le sol..). On s'attache progressivement à ces Chinois qui paraissent toujours stoïques face à l'absurdité ubuesque de certaines situations.

Le film parvient ainsi à tenir en haleine (une gageure !), tout en présentant un objet qui ne ressemble à aucun autre et qui laissera à coup sûr son empreinte dans l'histoire du cinéma.

 

3e

Voir les commentaires