Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 19:11

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/87/71/13/19963128.jpgNe connaissant ni l'histoire de Mandrin (brigand pré-révolutionnaire du début XVIIIème), ni la filmographie de Rabah Ameur-Zaïmeche, c'est vierge de tout a priori que je me lançai dans le visionnement des Chants de Mandrin.

 

Las, mes amis, il m'en cuisit.

 

De réalisme, pourtant revendiqué, il ne fut point question. Au contraire, me fallut-il supporter moults dialogues artificio-alambiqués, parfois résolument contemporains, parfois inaudibles. Quant aux scènes d'action, la postérité retiendra que le ridicule eusse pu tuer plus sûrement que les chètives pétarades du film.

 

De mise en scène, le film parvînt à s'acquitter, s'appliquant à quelques mignonneries hors de propos (silhouettes, décolletés de femmes, lune et nuages). Je cherchai avec obstination un scénario, mais sans succès hélas, n'assistant déconfit qu'à une série de vignettes illustratives sans intérêt.

 

Espérai-je en la musique des violes et autres instruments, ou en la poésie en vers burlesques que mon attente ne se brisât contre les récifs d'une médiocrité alanguie et suffisante.

 

Oyez chers cinéphiles, ce funeste mais amical avertissement : tripette ne vaut ce Mandrin là.

 

1e

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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 18:27

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/00/02/30/90/audition2.jpgJe poursuis ma découverte de l'étonnante filmographie de Takashi Miike avec un de ses films les plus connus, l'horrifique Audition, qui fit sensation en son temps au festival du film fantastique de Gérardmer (en 2001).

 

Qu'on s'attende à quoi que ce soit, le film surprendra.

 

En effet, Miike pousse ici à son paroxysme un style qui lui semble propre : la rupture de ton intégrale. Le film commence comme un mélodrame : un homme perd sa femme entraînée par la maladie, élève son fils seul, puis après un certain nombre d'années, décide de se remarier. Pour ce faire, il utilise un ami travaillant dans le cinéma pour détecter sa future épouse, lors de fausses auditions.

 

Il tombe alors amoureux d'une jeune fille étrange qui va s'avérer un peu ... dangereuse.

 

Le film se décompose en trois phases distinctes : un film normal, une partie type horreur japonaise dans la mouvance de Ring, et une partie (assez courte) un peu gore (mais sans excès).

 

On ne peut qu'être étourdi par cette liberté de ton qui irrigue les films de Miike. Ici, le film part soudain en vrille à l'occasion d'une scène de lit, avec une succession de visions qui mêle les différentes temporalités, nous fait successivement penser que ce que l'on voit est une fantasmagorie, puis la réalité, puis l'inverse. D'un point de vue formel, après une utilisation obstinée des plans fixes, Miike se lance dans des essais assez audacieux : monochromes, champ / contrechamps exotiques, montage cut, etc.

 

Même si certains de ses effets paraissent un peu datés (mon DVD n'est peut-être pas d'excellente qualité), Audition reste un film étonnant et déstabilisant.

 

Miike sur Christoblog : Hara-kiri, mort d'un samouraï / Dead or alive 1

 

2e

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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 21:02

Un petit coup d'oeil dans le rétroviseur, et une question : quels sont les articles qui ont été le plus consultés depuis la migration de Christoblog sur Overblog, en septembre 2011 ?

Hors articles concernant les festivals organisés sur ce blog

 

1. Sleeping beauty (515 vues) : bizarre, peut-être la présence de pervers dans le texte, ou la publicité mensongère et sulfureuse entourant le film ?

2. Drive (339 vues) : la plus grosse polémique

3. L'Appolonide (316 vues) :  en présence de Bonello

4. Le cheval de Turin (276 vues) : un de mes billets les plus ... décalés

5. Donoma (239 vues) : Super !

6. Père Noël Origines (235 vues) : une pointe en décembre pour un film que personne n'a vu, probablement dûe à son titre !

7. Take shelter (232 vues)

8. Utopiales 2011 (231 vues)

9. Quels sont les bons films de 2012 ? (184 vues)

10. Contagion (183 vues)

 

Source Google Analytics.

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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 22:40

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/82/82/48/19821691.jpgJe vous préviens : il existe toutes les raisons objectives de détester ce film. Je vais donc maintenant m'essayer à vous les décrire, avant de tenter un renversement particulièrement acrobatique (dit du chat qui retombe sur ses pattes) et conclure positivement sur le film, car la vie n'est pas si simple, ma brave dame.

 

Imaginez que le Eastwood d'Au-delà croise la Donzelli de La guerre est déclarée, shootée aux amphets, et vous aurez une toute petite idée du gloubi-boulga melodramatique concocté par Jean Marc Vallée.

 

Le film oscille constamment entre deux époques, les années 60 à Paris, où l'on suit Jacqueline (Vanessa Paradis) mère d'un petit trisomique, et le Québec contemporain dans lequel un DJ à la mode quitte sa vieille femme pour une jeune femme, au grand désespoir de la famille de son ex. Cette dernière, somnambule, fait des cauchemars. Le rapport entre les deux époque est assuré par une grosse connerie un réseau compliqué de liens ésotériques dont je ne peux révéler la teneur ici. Le film fait enfin la part belle à de nombreux autres flasbacks, tous destinés à nous embrouiller le cerveau.

 

Plus que l'histoire débile naïve qui nous est révélée à la fin (et qui peut presque s'analyser comme une construction psychanalytique donnée à voir dans l'esprit de la femme délaissée), c'est dans la délicatesse des sentiments exposés que le film trouve son intérêt. Je pense par exemple à la façon dont sont montrées les deux filles, ou dans les relations unissant les deux petits trisomiques.

 

Quant à la mise en scène, elle est à l'image du scénario, complètement zarbi inventive parfois à l'excès, et il faut bien le dire sabordée magnifiée par un montage hyper nerveux, qui fait ressembler le film à une sorte de clip new-age pour marque de chewing-gum à l'ecstasy. Je vous préviens donc, un film indigeste comme une poutine à la chantilly, qui fera fuir les amateurs de bon goût et les cinéphiles chichiteux. Je n'ai pas détesté.

 

2e

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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 20:10

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/29/73/19863494.jpgCe film pourrait ne pas exister, et personne ne s'en porterait plus mal.

 

D'abord l'histoire est bien mieux racontée dans le livre qu'ici (comme d'habitude, elle est plus dense, plus complète, plus prenante, dans le roman). Ensuite, pour ceux qui ne savent pas lire, il existe un film européen (en réalité une trilogie) de bonne facture. Et si vous voulez vraiment être complet, ces films se déclinent en une mini-série de 6 épisodes de 90 minutes.

 

On peut donc se demander pourquoi Fincher s'est engagé dans ce projet consistant à venir tourner en Suède une histoire de Suédois, jouée par des acteurs américains parlant anglais. Pourquoi pas ne pas envisager Christopher Nolan venant tourner en France Les Misérables avec DiCaprio dans le rôle de Jean Valjean ?

 

Le film est donc une honnête oeuvrette de commande, lisse, ripolinée, et à la mise en scène très sage. Fincher semble avoir remisé toute ambition stylistique pour se contenter de jolis cadres et de sages mouvements de caméra. C'est long, très long, et on n'éprouve aucun sentiment d'aucune sorte, même vis à vis de l'assassin. Le film arrive à désarmocer les tensions du livre pour en faire une suite de moments glacés, pas moches, mais peu intéressants.

 

De ce film destiné à faire un bon prime à la télé on pourra toutefois retenir la performance convaincante de l'actrice Rooney Mara en Lisbeth, alors que Daniel Craig tente de la jouer "sobre", ce qu'il parvient à faire en devenant ... transparent. Symbole de l'aspect commercial et un peu froid du film, le générique de début façon James Bond, complètement décalé par rapport à l'esprit de l'histoire.

 

A ne pas voir si vous connaissez l'intrigue, les chances de vous ennuyer étant alors optimales.

 

Fincher sur Christoblog : The game / Panic room / L'étrange histoire de Benjamin Button / The social network

 

2e

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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 23:03

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/55/88/19830981.jpgQuand on est aussi con que Yann (Guillaume Canet), mérite-t-on Une vie meilleure ?

 

La réponse est non.

 

1 - Draguer à la hussarde (je prends rendez-vous, ma troisième phrase est : "Combien de chance à ton avis qu'on passe la nuit ensemble", la réponse "0", et PAF je suis dans son pieu au plan suivant) : ça craint.

2 - Je n'apprends pas à un gosse à se servir d'un hélicoptère télécommandé au-dessus d'un lac (!?!)

3 - Je ne demande pas au comptable de faire une fausse facture de 2000 € pour ensuite hurler quand le gosse dont je m'occupe vole des baskets à 100 €

4 - Les Sables d'Olonnes ne sont PAS à côté de Vannes

5 - Pour aller au Canada, j'ai besoin d'un visa et pour travailler d'un permis de travail

6 - Quand je me fais arrêter par erreur, je me défends au lieu de me taire.

 

Etc...

 

Une vie meilleure est tellement tissé d'incohérences, d'approximations et de facilités qu'il parait absolument factice et creux. On n'y croit pas un seul instant, et du coup Guillaume Canet, acteur français le plus bankable du moment, quémandant 20 000 pauvres euros, parait très peu crédible (20 000 €, ça doit être la facture du bar un soir de fête bien arrosé au Fouquet's). 

 

C'est bourré de clichés, c'est mauvais, c'est tristement réalisé. Allez hop, au suivant.

 

1e  

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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 18:12

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/55/42/19857053.jpgThe descendants propose un plaisir devenu rare au cinéma : l'assemblage réussi d'un projet original, d'un scénario qui tient la distance, d'acteurs au top de leurs possibilités, et d'une réalisation intelligente et modeste.

 

D'abord, je ne pensais pas pouvoir dire un jour que Georges Clooney pouvait être génial. Hors, il est ici renversant, absolument pas en phase avec son image traditionnelle : lourd, bedonnant, dépassé et solide à la fois, presque moche, trompé, perdu. A aucun moment, je ne l'ai vu en Mr Nespresso, c'est dire s'il est bon.

 

Je ne vais pas raconter l'histoire, mais le pitch est assez connu. Rappelons le rapidement : un homme, dont la femme tombe dans le coma suite à un accident, doit tout à coup s'occuper de ses deux filles et découvre des éléments cachés sur le passé de sa femme.

 

Le film réussit une sorte de prodige : sa trame est à la fois limpide et complexe, son rythme parfois tendu et souvent paresseux, ses personnages cohérents et évolutifs. Il manie en permanence le chaud et le froid avec une habileté confondante, et sait entremêler drame et comédie comme seuls les Italiens semblaient pouvoir le faire. Une des tactiques d'Alexander Payne est d'utiliser les éléments de son histoire systématiquement à contre-emploi : on a déjà vu que Clooney jouait l'anti Clooney, mais Hawaï est présenté comme un enfer (et en même temps la photographie le magnifie comme le plus beau des paradis), l'homme est le pivot stable autour duquel gravitent des femmes et des filles instables, etc.

 

Au final, sous la baguette d'un réalisateur particulièrement inspiré, on sort du film en ayant écrasé sa petite larme (ou alors, c'est qu'on a dormi), en ayant par moment franchement rigolé, en ayant été souvent intrigué et avec dans le coeur une palette d'émotions de toutes les couleurs.

 

Un beau film arc-en-ciel qui ouvre la liste des meilleures productions 2012.

 

4e

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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 22:51

fdh2carre.jpg C'est parti pour la gazette du festival d'hiver deuxième du nom.

 

Petits rappels

 

Les participants :   ffredBob Morane, Gagor, pierreAfeu, heavenlycreature, Marcozeblog, neil, jujulcactuspépito, Hallyne

Vous pouvez bien sûr vous inscrire à tout moment.

 

 

Le règlement, c'est ici.

 

Les films :

4 janvier Take Shelter de Jeff Nichols (USA) 

4 janvier Louise Wimmer de Cyril Mennegun (F)

11 janvier La colline aux coquelicots de Goro Miyazaki (Japon)

25 janvier The descendants d'Alexandre Payne (USA)

25 janvier Café de Flore de Jean Marc Vallée (Québec)

1er février Hanezu de Naomi Kawase (Japon)

1er février Tatsumi de Eric Khoo (Singapour)

1er février Detachment de Tony Kaye (USA)

8 février La taupe de Tomas Alfredson (UK)

15 février La désintégration de Philippe Faucon (F)

29 février Les infidèles de Lellouche, Dujardin, Hazanavicius, Cavayé... (F)

29 février Martha Marcy May Marlene de Sean Durkin (USA)

 

19 janvier


Plusieurs participants ont commencé le festival sur les chapeaux de roue en voyant un paquet de films en avant-première, ce qui semble constituer une spécialité des débuts d'années. Ainsi certains ont déjà vu The descendants, Café de Flore, Detachment et La taupe, avec des avis ... variables. Pour les films déjà sortis : Take shelter a plutôt déçu, même si Bob Morane est très enthousiaste. Louise Wimmer partage assez durement les blogueurs (Fred a adoré, Neil aussi, comme moi d'ailleurs, alors que Pierre fait la moue). Quant au premier film d'animation présent dans un festival de Christoblog, il s'en tire mieux que prévu : nous sommes plusieurs à beaucoup aimer la nouvelle production des studios Ghibli.

Dilemne à propos d'Hanezu, les critiques sont vraiment très ... spéciales (voir par exemple ce florilège) : faut-il laisser le film en compétition ou le remplacer par le très prometteur et singapourien Tatsumi ? J'avais longtemps hésité entre les deux. A vous de voter.


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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 22:08

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/32/75/19835313.jpgContrairement à plusieurs autres blogueurs, je suis tombé sous le charme de la dernière production des studios Ghibli.

 

Le film n'est pas dirigé par le grand Hayao Miyazaki mais par son fils, Goro, dont tous s'échinent à dire qu'il est de moindre talent, sans lui avoir laisser le temps de démontrer le contraire.

 

La première qualité de La colline aux coquelicots est de proposer des images absolument sompteuses : des cieux superbes, des bateaux de toutes tailles magnifiques, des fleurs, des vitraux, une descente en vélo très joliment filmée. Le repère des étudiants, le Quartier Latin, est un endroit que le film dote d'une atmosphère très attachante, d'une aura qui entourait les objets appartenants à Porco Rosso, fait d'un tissage de rêve et de nostalgie.

 

Pour ceux qui comme moi aiment le Japon rural, le film est un enchantement : l'intérieur de la cuisine, les venelles fleuries, les rues en pente, la mer au loin. Ses paysages, sa maison, ses rues évoquent irrésistiblement le décor du trés beau film de Hirokazu Kore-Eda :  Still walking.

 

La mise en scène regorge de tendresse, de justesse, de sensibilité, de nervosité. Le script n'est pas sans allusion à la politique, à l'histoire, et à la sociologie japonaise. La colline aux coquelicots est enfin traversé par une belle et noble nostalgie : celle des amours enfuis, des parents disparus, des temps écoulés, et peut-être aussi celle d'un cinéma des origines.

 

Que le film joue à fond la carte du mélodrame ne m'attriste pas, au contraire, je trouve que cela lui confère une certaine noblesse et une belle grandeur. D'autant que le scénario n'est pas aussi simpliste que certains veulent le faire croire.

 

En résumé, une veine purement réaliste pour les studios Ghibli, pleine de douceur et de justesse, ce qui constitue une très bonne surprise pour moi.

 

Les studios Ghibli sur Christoblog, c'est ma visite à Mitaka (Japon), mais aussi Ponyo sur la falaise / Arrietty, le petit monde des chapardeurs

 

3e

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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 20:50

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/25/34/19830842.jpgLes acacias est un bon exemple de film-programme, c'est à dire qu'il est tout entier contenu dans son pitch : un homme conduit une femme et son bébé d'Asuncion à Buenos Aires, dans son camion chargé d'acacias, et une relation amoureuse va naître entre eux.

 

Le long des 1500 kilomètres de route, le réalisateur doit donc calculer précisément la progression des sentiments à mesure des kilomètres, en alternant mécaniquement les scènes à l'intérieur du camion (champ / contrechamp obligatoire) et quelques arrêts, durant lesquels peu de choses se passeront (une douche, une jalousie naissante, une visite à une soeur au milieu de nulle part).

 

Toute la valeur du film réside dans la délicatesse avec laquelle Pablo Giorgelli caresse le visage de ses trois protagonistes, et dans le classicisme lumineux de sa photographie.

 

Le film, Caméra d'or à Cannes, échappe à la catégorie "film du sud, pauvre mais digne", pour accéder à celle de "film du sud, pas très riche et plutôt bien fait", mais sans atteindre celle de "film dont on oublie qu'il est du sud" (dont des exemples récents et sud-américains seraient le péruvien Fausta et le méxicain Année bissextile).

 

Pas honteux, pas indispensable, Les acacias me fait penser au titre d'un autre road movie argentin : Historias minimas.

 

Le cinéma argentin sur Christobog, c'est aussi : Carancho / Medianeras

 

2e

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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 18:08

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/35/15/76/18366793.jpg Fortement impressionné par Hara Kiri, et intrigué par la réputation sulfureuse de Takashi Miike, me voilà en train de visionner la première partie de la trilogie culte Dead or alive, sur les conseils de Asiaphilie.

 

Le début du film dépasse l'entendement et bouscule totalement le sens commun : une fille tombe d'un gratte-ciel, un homme égorge un homosexuel en pleine action dans les toilettes , un troisième sniffe un rail de cocaïne de 10 mètres de long, un troisième monte sur le toit d'une voiture et tue le personnage sus-mentionné en tirant à travers le toit de la voiture à l'aide d'un fusil à pompe maousse, le tout sur fond de riffs électriques quasi insupportables. 

 

La fin du film n'est pas en reste proposant un duel à la Sergio Leone sous acide : au bazooka, le bras d'un des personnage pendouillant au bout de son moignon, avant que le monde ne soit détruit par une sorte de boule de cristal. Vers la fin du film aussi, une tuerie dans une cave, qui fait tellement de victime que le sang constitue une sorte de marre d'une dizaine de centimètres de profondeur, dans laquelle les survivants pataugent.

 

Entre ces deux moments de folie qui feraient ressembler Tarantino à Bresson, le film déroule une histoire très calme, reposante et classique, opposant un flic ayant une vie de famille (et une petite fille à soigner) à un truand prêt à tout pour s'élever dans la hiérarchie de la pègre (et ayant lui aussi l'esprit de famille, puisque ses activités illégales ont servi à financer les études de son frère). Le film est alors plat comme une eau calme, très plaisant à regarder, et magnifiquement servi par deux acteurs au top.

 

Un film (le mot a été souvent galvaudé, mais là il se justifie : vraiment culte) hallucinant, multipliant les contrastes les plus incroyables.

 

A réserver toutefois aux spectateurs avertis.

 

3e

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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 22:56

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/12/86/19863853.jpgSoyons positif : j'ai trouvé le dernier Eastwood bien moins mauvais que le mollasson Invictus et surtout que le pitoyable brouet mystique d'Au-delà.

 

Ceci dit, le film ne m'a pas enthousiasmé non plus, et ce, pour trois raisons.

 

La première, c'est le scénario. Il est très rare que je trouve un scénario vraiment mauvais, mais celui-ci me semble cumuler plusieurs défauts : il est trop allusif (il faut être rompu à certaines subtilités de l'histoire américaine pour tout comprendre), confus (ces aller-retours incessants entre les époques donnent le tournis), verbeux (cette voix off envahissante), discutable sur certains points (Hoover s'habillant en femme, l'homosexualité non consommée), hésitant (plongée au coeur du FBI, comme le proclame mensongèrement l'affiche, ou biopic ?).

 

La deuxième, c'est Di Caprio, qui m'énerve. Avec son petit air buté, sa moue et ses plis au front, on dirait qu'il ressasse sans fin son personnage d'Aviator, ou celui de Shutter Island : le dérangé contrarié.

De plus, ces exploits de maquillages commencent à vraiment m'énerver (et combien de kilos de plâtre il avait, et combien de cheveux il s'est fait arracher, et ta ta ti et ta ta ta). Le pauvre acteur qui joue Olson, lui, n'a visiblement pas eu droit au même budget : il passe directement du stade de jeune éphèbe à celui de mort-vivant au visage de cire. Consternant.

 

Enfin les choix esthétiques d'Eastwwod ne m'ont pas convaincu : couleurs désaturées presque blanches pour les scènes dans le passé, à l'inverse écran quasi noir pour certaines scènes de nuit, décors numériques.... le film est froid et sans âme.

 

Je me suis plutôt ennuyé et ai eu du mal à comprendre l'intérêt de raconter l'existence de ce petit homme médiocre et sérieux.

 

Outre les films cités, Eastwood sur Christoblog c'est aussi Gran Torino.

 

2e

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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 22:53

HG.jpgPourquoi n'ai je pas été voir ce film à Noël ?

 

Je me le demande encore, tellement sa magie entre en résonnance avec la période du sapin, de la crèche et des contes. Son aspect artificiel, dont les décors en carton-pâte sont la parfaite illustration, est d'ailleurs à la fois sa force et sa faiblesse. Si on y croit, on écrasera probablement une petite larme en se laissant entraîner comme un gamin (ce fut mon cas). Si on n'y croit pas, le film pourra paraître indigeste comme un loukoum trop sucré.

 

Le film me réconcilie avec Scorsese, avec qui j'étais en froid depuis Casino. Un beau moment de cinéma, qui sonne à la fois comme un cadeau et un testament.

 

Et maintenant au boulot. Idées de dissertation :

  • A partir de la photo ci-dessus (Scorsese se met lui-même en scène en train de photographier Mélies), vous expliquerez en quoi le film constitue un hommage au cinéma en général , et de quelle façon il utilise la mise en abyme pour le faire.
  • A partir des oeuvres récentes de Woody Allen, Christopher Nolan, et Martin Scorsese, vous analyserez la vision qu'ont de Paris les cinéastes américain du XXIème siècle. Vous comparerez à la vision qu'en ont eu Minelli, Wilder et Polanski.
  • Explicitez le rôle que joue l'automate dans Hugo Cabret. Représente-t-il le cinéma ? Expliquez comment il relie tous les personnages du films, et concluez sur le regard de ses orbites vides dans le dernier plan du film.
  • Le cinéma répare-t-il les êtres ou construit-il les rêves ? Illustrez votre proposition par des scènes du film.
  • Hugo Cabret, film des passages. Vous commenterez cette assertion en examinant successivement les notions de passages secrets, de transmission des savoirs et de rite de passage à l'âge adulte.
  • Lorsque le gendarme sauve Hugo, peut-on dire qu'il agit en automate ? Pourquoi cette scène peut-elle être considérée comme un point nodal du film ?
  • Vous analyserez les sources littréaires du film (Hugo, Dickens, Stevenson, Verne) et détaillerez comment elles nourrissent la narration à travers trois thématiques : les orphelins, les machines et la destinée.
  • Trucages et illusions : couleur, 3D, effets spéciaux, images de synthèse. L'illusion moderne est elle plus moderne que l'illusion au temps de Mélies ? Argumentez. 

3e

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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 21:30

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/89/77/19859577.jpg Louise Wimmer n'est pas une personne qui attire la sympathie. Presque 50 ans, plus d'appartement, un job de femme de ménage, elle dort dans une vieille Volvo break et se débrouille comme elle peut. Prendre le plateau repas d'une cliente qui s'en va, dans une cafétéria, pour se servir au buffet à volonté, syphonner les réservoirs des poids lourds, prendre sa douche dans une station service : elle use de tous les expédients qui la maintienne dans une condition de presque SDF.

 

Et si j'ai commencé cette critique par dire qu'elle n'est pas aimable, c'est parce que Louise est revêche, peu conciliante, et qu'elle parait même vaniteuse (refuser les avances d'un ami sincèrement épris, décliner les offres d'aide d'un amant de passage, s'inventer un domicile lors des démarches sociales, par fierté).

 

Louise Wimmer n'est pas un film aimable. Il ne s'y passe pas grand-chose, la mise en scène est sage et paraît peu exigeante. Cyril Mennegun explore des lieux tristes et peu séduisants : parking de gare, rue quelconque, station service, hôtel de passage, bar PMU. Autant de non-lieux issus d'une mythologie urbaine cafardeuse. Le film traîne une nonchalance studieuse et un peu rêveuse, que certains qualifieront de minimalisme.

 

On s'attend à plusieurs moments à un coup du sort, un accident de voiture, une agression nocturne, mais le film ne nous propose que des personnes attentionnées (le prêteur sur gage, la tenancière du PMU, l'ami, l'assistante sociale) ou de médiocres méchants (le patron de l'hôtel). Il ne nous éclaire pas plus sur le passé de Louise. L'espoir du film, sans cesse recommencé, semble consister à tenter de capter toutes les variations possibles des sentiments sur le visage et le corps de son (exceptionnelle) actrice. Jouissance, tristesse, désespoir, bonheur, colère, dédain, honte, espoir. Programme austère, temps de crise, ambition blafarde.

 

Louise Wimmer et Louise Wimmer ne sont pas aimables.

 

Et pourtant on les aime tous deux : elle, le personnage, qui rayonne comme la force brute de la vie (magnifiques derniers plans) et lui, le film, qui donne l'impression de voir la précarité au cinéma ... pour la première fois. Une femme qui se bat au bord du gouffre.

 

A voir absolument.

 

3e

 

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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 15:31

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/61/47/19851011.jpgJ'avoue que je connaissais pas le réalisateur d'Une nuit, Philippe Lefebvre, avant d'aller voir son dernier opus. Après quelques recherches, je découvre qu'il n'a que très peu tourné au cinéma, et un peu plus pour la télévision. Les mauvaises langues en profiteront pour dire qu'Une nuit est un honnête téléfilm, mais pour une fois, cela pourrait ne pas sonner comme une critique.

 

En effet, dans le genre polar stylé et pas prétentieux, Une nuit s'impose comme une réussite, certes mineure, mais pas désagréable.

 

Simon Weiss travaille pour la mondaine. Il est un peu verreux et travaille en cheville avec un vieux copain, patron de boîte. Il a l'IGS sur le dos. Le film le suit durant toute une nuit, en compagnie d'une jeune recrue (Sara Forestier, très crédible), alors que se joue une partie à plusieurs bandes entre lui et certains parrains de la nuit.

 

L'un des points forts du films est de restituer une très jolie ambiance du milieu interlope de la nuit parisienne : on explore toutes sortes de bars et de boîtes dans les pas d'un Roshdy Zem bluffant. Chaque visite de lieu est séparée de la suivante par des scènes de voitures tournées dans les rues d'un Paris désert et illuminé, qui dégagent une poésie sourde et prenante. Certains personnages croisés, fragiles, brisés, sont très émouvants.

 

Ici où là affleurent quelques naïvetés ou approximations, mais globalement le film tient bien la route, et s'il ne casse pas des briques, il ne nous casse pas non plus les bonbons. Du solide.

 

2e

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Les notes

1e : Non, et non, et non !

2e : Mouais, pourquoi pas

3e : A découvrir

4e : Dans le top 20 annuel

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